Yan Deschênes
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J’ai build une business à $1M/an en 730 jours à Cape Town, voici mes 9 leçons

Par · · 27 min de lecture

Miniature de l’article : d’une rue délabrée à une Porsche à Camps Bay, avec des notifications de ventes de 23,99 $ et de 1 000 000 $

Si tu m’avais dit, le jour où je suis arrivé à Cape Town, que deux ans plus tard je repartirais avec une business à 80 000 $ par mois, une équipe et une clarté que je n’aurais jamais pu imaginer au Québec, je ne t’aurais probablement pas cru.

Parce qu’entre mon arrivée et mon départ, il y a eu un matin où il me restait 23 $ dans mon compte en banque. Il y a aussi eu des soirées dans des villas à 30 000 $ par mois, entouré de millionnaires de mon âge. Et il y a eu des moments où j’ai failli perdre ma business du jour au lendemain.

Je n’ai pas vécu Cape Town comme des vacances. Cape Town m’a construit. C’est là que j’ai tout vécu, les meilleurs moments comme les pires. Aujourd’hui, je quitte Cape Town et je change de chapitre. Voici les neuf leçons que j’en retiens.

1. Réaliser ton rêve, ce n’est pas la ligne d’arrivée

Je me souviens du premier matin à Cape Town comme si c’était hier. Il était 6 h, j’étais complètement décalé. Je me suis levé, j’ai regardé par la fenêtre de notre maison à Camps Bay et j’ai vu la vue à 180 degrés la plus folle de ma vie : Lion’s Head à droite, Table Mountain derrière moi, l’océan devant. Je suis resté 30 secondes sans bouger.

Xav, mon associé, était déjà debout. Ce matin-là, on ne s’est même pas parlé. On a mis nos souliers, on est allés chercher un café et on a marché deux heures le long de la promenade de Camps Bay, l’océan d’un côté, les montagnes de l’autre. C’était comme une nouvelle vie qui commençait. Le soleil commençait à taper. J’ai regardé Xav et je lui ai dit : « C’est tellement insane. On est en Afrique du Sud, on a une business en ligne et on continue de faire de l’argent pendant qu’on marche. »

Mais sous cette hype-là, il y avait un autre feeling. Ce que je ne t’ai pas dit, c’est qu’à nous deux, on avait environ 4 000 $ d’économies. La business faisait 5 000 $ par mois. Il nous restait à peu près deux mois pour trouver une solution avant que les chiffres deviennent serrés. On n’était pas venus à Cape Town avec un coussin de sécurité. On était venus avec un rêve, scaler la business, et avec une date limite qui arrivait beaucoup plus vite qu’on le pensait.

Après la marche, je suis allé courir 15 km sur une des plus belles routes de course que j’ai vues de ma vie, une route qui longe la côte, l’océan et les falaises. Pendant cette course-là, j’ai eu un moment de clarté que je n’oublierai jamais.

Le rêve de partir du Québec et d’être libre, je l’avais enfin atteint. C’était réel. Mais réaliser son rêve, ça ne crée pas l’euphorie que tu penses. Ça crée une énorme responsabilité. À ce moment-là, tu n’as plus d’excuses. Tu n’es plus au Québec, tu n’as plus tes parents ni ton environnement à blâmer. Tu es exactement là où tu voulais être. Maintenant, il faut performer à la hauteur de ce rêve-là.

Le rêve, ce n’est pas la ligne d’arrivée. C’est le coup de fusil au départ de la course. Ce matin-là, à Cape Town, le coup est parti.

La leçon : tes struggles d’aujourd’hui te préparent à accomplir ton rêve, et aux responsabilités et aux nouveaux défis qui viennent avec.

2. Les limites que tu crois avoir ne sont pas les tiennes

Quelques semaines après notre arrivée, je me suis retrouvé dans une villa à 30 000 $ par mois avec une dizaine d’entrepreneurs de mon âge. Mais le moment qui m’a changé ne s’est pas passé dans la villa. C’est juste avant d’entrer, dans la rue.

Il y avait une rangée complète de Porsche et de G-Wagon. Les gars qui en sortaient avaient 23, 24, 25 ans, chacun avec une Rolex au poignet. Et le pire, c’est qu’ils me ressemblaient : même âge, même style. Pas des vieux messieurs. Des gars comme moi.

Je viens de Saint-Jean-sur-Richelieu. En 20 ans là-bas, je n’ai jamais vu un gars de mon âge avec une Porsche, ni un gars de mon âge avec une business qui faisait des millions par année. En une seule soirée à Cape Town, j’en avais dix devant moi.

Alors j’ai fait quelque chose que je n’aurais jamais fait au Québec : je suis allé leur parler comme à des amis, comme à des gars normaux. Parce que c’est ce qu’ils étaient. Je suis plutôt quelqu’un de renfermé, mais je savais que cette soirée-là pouvait changer la trajectoire de ma vie. J’avais raison.

Il y avait même Oscar, un gars que je suivais sur Instagram et YouTube depuis des mois. On s’est serré la main, on a jasé, et on a planifié un souper pour la semaine suivante. Ce gars-là, que je croyais inaccessible depuis mon laptop au Québec, était devant moi, avec le même humour que moi.

Puis il y a eu Mark, rencontré en allant aux toilettes. On a ri comme des malades. Le lendemain, en regardant mon téléphone, j’ai appris que Mark était multimillionnaire. On avait ri ensemble comme deux anciens collègues de travail.

Au Québec, quand tu dis que tu veux faire 100 000 $ par mois, les gens te regardent comme si tu avais deux têtes. Ce soir-là, personne ne m’a regardé comme ça. Pour la première fois de ma vie, je me sentais compris. Quelque chose a cliqué : ce n’était pas juste possible, c’était pour moi. Je crois vraiment que certaines choses arrivent dans ta vie pour une raison, et ce party-là en faisait partie.

Cette soirée m’a rendu humble et m’a motivé à un autre niveau. Au Québec, je pensais être « le gars » parce que je pouvais travailler en voyageant à mon âge. Ce soir-là, j’ai rencontré des gens de mon âge qui faisaient 10 fois, 100 fois plus que moi. C’était dur comme feeling, mais c’était supposé être dur. Si ce n’était pas dur, je n’étais pas à la bonne place. Surtout, la vision que j’avais depuis des années, celle que personne ne comprenait au Québec, existait réellement.

Les limites que tu crois avoir ne sont pas les tiennes. Ce sont celles des gens qui t’entourent depuis que tu es petit.

La leçon : ton cerveau ne peut pas aspirer à quelque chose qu’il n’a jamais vu de proche. Ce n’est pas que tu manques d’ambition ou de motivation. C’est que tu n’as jamais eu la preuve que c’est possible pour quelqu’un comme toi.

3. Tu fais peut-être gratuitement ce pour quoi tu pourrais être payé

Puis il y a eu le plus gros coup de poing que j’ai reçu en pleine face. Un mardi soir, Xav et moi étions assis au Pottery Café, sur le bord de la mer à Camps Bay. Coucher de soleil, bon café, le genre de soirée où tu te dis que la vie est belle.

Xav me tend son iPhone : « Bro, regarde ça. » Un courriel. Ça m’a pris deux secondes pour comprendre. Ma première pensée : on est finis.

Une grosse entreprise de construction, cliente de notre agence, venait de nous laisser tomber. On faisait leur contenu, leurs publicités, leur site. On leur avait généré des centaines de leads en quatre mois de travail intense. Et ce client représentait 80 % de notre revenu. Pas 30 %, pas 50 %. 80 %. On ne venait pas juste de perdre un client, on venait de perdre notre oxygène. On était à l’autre bout du monde, avec 4 000 $ d’économies.

Le pire, c’est qu’on avait livré. On leur avait apporté de bons leads. Mais en business, avoir raison ne change parfois absolument rien. C’était leur décision.

Ce qu’on a fait dans les cinq minutes suivantes, c’est là que tout s’est joué. On aurait pu rester au café à digérer le choc, appeler nos parents en panique, regarder des billets de retour pour Montréal. On n’a rien fait de ça. On a ramassé nos affaires, on est allés chercher de la caféine et on s’est assis à la table de la maison. Xav m’a dit : « Prends ton crayon, prends ton carnet. On ne sort pas d’ici tant qu’on n’a pas de plan. »

Une heure de brainstorm. Et la réalité, c’est qu’on ne partait pas de rien. On avait une communauté, GoHighLevel Québec, qui venait d’exploser à 700 ou 800 personnes. On touchait des revenus d’affiliation avec GoHighLevel, et on savait aller chercher des clients. La question n’était pas de savoir si on allait s’en sortir, mais comment, et par quelle route. C’est là que la lune de miel du voyage a pris fin et que la vraie business a commencé.

Quelques jours plus tard, on a reçu un appel inattendu. C’était Brandon, un gars qu’on connaissait par un ami commun et qui faisait 50 000 $ par mois avec sa business de coaching. Son message était simple : « Vous coachez déjà gratuitement les gens autour de vous depuis des mois. Pourquoi vous ne chargez pas ? »

Xav a raccroché et est venu me voir. Honnêtement, ma première réaction a été : aucune chance qu’on fasse ça. J’étais extrêmement résistant, je ne voyais pas la vision. On est allés marcher à Camps Bay, face aux montagnes, et Xav a fait ce qu’il fait bien : il m’a sorti tous les arguments et tous les chiffres jusqu’à ce que ça clique.

Un mois plus tard, on lançait notre premier webinaire, sur le logiciel GoHighLevel, celui sur lequel notre communauté était bâtie. Vingt personnes présentes. Trois clients signés. 10 000 $ dans la semaine. J’ai compris qu’il y avait des gens prêts à payer pour ce qu’on savait faire, et qu’il y avait quelque chose à bâtir là-dedans.

Tu es probablement en train de faire gratuitement la chose pour laquelle tu pourrais être payé.

La leçon : on coachait du monde gratuitement depuis des mois. On répondait aux questions, on réglait des problèmes, on aidait les gens à bâtir en ligne. Jamais on ne s’était demandé si on pouvait en faire une vraie business. Parfois, ton meilleur move n’est pas d’inventer quelque chose de nouveau, mais d’ouvrir les yeux sur ce qui existe déjà.

Et la résistance que j’ai eue m’a rappelé autre chose : les meilleures décisions de ta vie sont souvent celles auxquelles tu résistes le plus au départ, parce qu’elles te sortent de ton confort. Ce client ne nous a pas quittés. Il nous a redirigés.

4. La confiance se bâtit avec le momentum

Je vais être honnête sur quelque chose que je n’ai jamais dit publiquement. Le premier mois à Cape Town, j’ai vécu une rupture, et ça m’a fait extrêmement mal. Pas le genre de douleur qui rend paresseux ou déprimé. Le genre qui te donne un énorme wake-up call. Je me suis regardé dans le miroir et je me suis demandé : c’est quoi, la version de moi-même qui peut sortir de ça ?

J’ai fait ce que je savais faire pour me vider la tête : courir. Sauf que je n’ai pas juste couru. J’ai couru trois marathons en un mois. Raisonnable ? Pas du tout. Mais ce n’était pas une question de performance sportive. C’était une façon de me prouver ce dont j’étais capable, dans un domaine où personne ne pouvait m’aider. Quand tu cours, personne ne peut te faire courir plus vite. Personne ne décide si tu abandonnes ou non. C’est toi et ta course.

Après chaque marathon, quelque chose changeait dans ma tête. Et ce n’étaient pas mes jambes qui me permettaient de le faire, c’était le momentum que je bâtissais à Cape Town. En 90 jours, j’avais rencontré mes premiers amis millionnaires. J’étais à l’autre bout du monde sans plan B. Je faisais de l’argent en ligne dans une des plus belles villes du monde. Chaque semaine, je me prouvais que les limites que je croyais avoir étaient fausses.

Alors, face à la douleur de cette rupture, mon cerveau ne se demandait pas « est-ce que tu vas être capable ? », mais « jusqu’où tu peux aller ? ». Après mon troisième marathon, je me suis dit : si je suis capable de courir trois marathons en un mois, qu’est-ce que je suis capable de faire d’autre ? 20 000 $ par mois ? 50 000 $ ? 100 000 $ ? Un million ? Et si je suis capable de faire ça, je suis capable de passer à travers cette douleur-là.

Le corps et le mental, c’est le même muscle. Repousse tes limites dans un domaine et tu repousses ta perception des limites dans tous les autres. La confiance que j’ai aujourd’hui ne vient pas de mes résultats en business. Elle vient de ces 90 premiers jours à Cape Town, où la vie me répétait semaine après semaine que ma réalité pouvait changer plus vite que je le pensais. Elle attendait juste que je m’adapte.

Ta confiance ne se bâtit pas avec tes compétences. Elle se bâtit avec le momentum que tu construis.

La leçon : chaque petite victoire ne change pas seulement ce que tu crois être capable de faire. Elle change surtout ce que tu crois être capable de tenter. Tente de grandes choses pour accomplir de grandes choses.

5. Mise sur toi, surtout quand les conditions ne sont pas idéales

Il faut maintenant que je te parle de ce qu’on appelle « la fin de semaine noire ». Mais d’abord, ce qui s’est passé avant.

Après ces 90 jours, on est partis au Japon et à Hong Kong avec une business qui faisait 12 000 $ par mois. Deux mois de voyage, deux mois à faire les touristes, à profiter de notre liberté au lieu de l’entretenir. On est revenus à 3 000 $ par mois. Ce n’était pas de la malchance. On avait oublié quelque chose de fondamental : la liberté se gagne chaque jour, et le jour où tu arrêtes de la gagner, tu la perds.

Entre Hong Kong et le retour à Cape Town, on a passé trois semaines au Québec, les comptes littéralement à zéro. On a travaillé comme des malades juste pour payer un billet d’avion et un mois de logement à Cape Town. Rester au Québec n’était pas une option. On est repartis avec le strict minimum : un nouvel appartement, une business à 3 000 $ par mois et un mois de survie si rien ne changeait.

Un soir, j’ai dit tout bas à Xav ce que je pensais depuis des semaines : « On voit déjà la fin arriver. Il faut prendre un risque encore plus gros pour s’en sortir. »

Quelques mois plus tôt, dans un party à Cape Town, j’avais rencontré Nick Setting, un coach qui aidait les entrepreneurs à scaler leur accompagnement et qui commençait à exploser sur Instagram. Je ne lui avais parlé qu’une fois, mais il m’avait marqué. Xav était neutre au début, un peu comme moi quand il m’avait proposé l’accompagnement, mais il a vite embarqué. On a contacté Nick.

Son prix : 15 000 $ canadiens. On avait 3 000 $ dans le compte. Mais on s’était déjà convaincus qu’on allait le prendre. On a dit oui sans savoir où on allait trouver l’argent. C’est là que la fin de semaine noire a commencé.

Xav avait de l’argent placé en bourse, mais les banques étaient fermées pendant quatre jours fériés : impossible de transférer. On a maxé les cartes de crédit : pas assez. On a même pris l’argent mis de côté pour les impôts : toujours pas assez. On a appelé partout. Rien ne fonctionnait. Quatre jours pour trouver 12 000 $, toutes les banques fermées, toutes les cartes pleines, avec une business à 3 000 $ par mois. On paniquait.

Le mardi matin, les banques ont rouvert, Xav a sorti l’argent de la bourse et on a fait le paiement de 15 000 $. Il nous restait 23 $ dans le compte. C’était le début du mois, toutes les factures s’en venaient, et on avait 8 000 $ sur les cartes de crédit. À l’autre bout du monde.

C’est la partie que les gens ne comprennent pas : on n’a pas douté une seule seconde. On ne pouvait pas être dans une pire position. On n’avait rien à perdre. Alors on s’est complètement enfermés dans le travail et on a exécuté tout ce que Nick nous disait, sans se questionner, sans trop réfléchir.

Une semaine plus tard, un ancien client potentiel signait et un client existant renouvelait. 8 000 $ collectés en sept jours, juste après le plus gros risque de notre vie. Ce n’était pas le soulagement de quelqu’un qui a failli échouer. C’était : « Let’s go. On voit la lumière au bout du tunnel, il faut pousser encore plus fort. » Il n’y avait plus de scarcity, c’était du pur momentum. On était de retour.

Les gens pensent que prendre des risques, c’est irresponsable. Je pense le contraire. Quand tu es jeune, sans hypothèque, sans enfants, sans grosses responsabilités, c’est là que les plus gros risques ont les plus petites conséquences. Si ça ne marche pas, tu rebâtis. Tu as le temps et l’énergie.

Bet on yourself. Toujours. Même, et surtout, quand les conditions ne sont pas idéales.

La leçon : la vraie croissance ne se passe pas dans le confort. Elle se passe dans les fins de semaine noires, celles où tu penses que tout va s’arrêter. Si tu veux des résultats, arrête d’attendre les conditions parfaites. Mets-toi dans des conditions où tu n’as plus le choix de performer. La pression n’est pas ton ennemie : c’est le seul environnement où tu découvres vraiment ce dont tu es capable. Utilise-la bien.

6. Change ton environnement, tu changes qui tu crois être

Après notre premier mois à 10 000 $ avec Nick, le mois où on avait enfin la tête hors de l’eau, notre routine a changé. Chaque soir vers 20 h, on fermait nos laptops, on mettait nos manteaux et on marchait dans les rues froides de Cape Town jusqu’au Kloof Street House.

Si tu n’as jamais vu cet endroit, imagine Gatsby le Magnifique version restaurant : bois foncé, velours, plantes qui débordent de partout, l’ambiance d’un film de businessmen des années 60. Les serveurs connaissaient notre commande en nous voyant entrer. On connaissait tout le staff et on avait notre coin. On n’était pas juste des clients, on était quelqu’un là-dedans. Et ce feeling-là change quelque chose dans ta tête.

C’est dans ce restaurant qu’on a construit Scaling Profits. Pas dans un bureau : à une table du Kloof Street House, avec un espresso martini ou un cappuccino, de 20 h à 23 h, quatre soirs par semaine. Le nom du programme, sa structure, l’acquisition, le contenu : toutes les fondations de Scaling Profits ont été décidées sur ces tables-là.

Mais la décision la plus importante ne portait pas sur le programme. Elle portait sur qui on allait aider. Un soir, en brainstormant sur le marché à viser, on a mis des mots sur une évidence : il n’y avait aucun gros joueur sur le marché québécois. Zéro. Les Québécois qui voulaient apprendre la business en ligne devaient écouter des Français ou des Américains. Personne ne parlait leur langage, ne connaissait leur contexte ni leur réalité.

Et nous, on était deux Québécois qui vivaient à Cape Town, qui avaient fait Hong Kong et le Japon, qui bâtissaient une business en ligne depuis l’Afrique du Sud. On avait une histoire que personne d’autre au Québec n’avait, et déjà une belle traction avec nos vlogs YouTube. On avait un océan bleu devant nous. Ce soir-là, la direction est devenue claire.

Ce qui me marquait le plus dans ces soirées, ce n’étaient pas les décisions, c’était le feeling. Quand tu regardes des entrepreneurs sur Instagram ou YouTube, tu te demandes si c’est vraiment leur vie, s’ils sont vraiment aussi focus. Ces soirs-là, je me sentais exactement comme eux. Pas parce que j’avais leurs résultats, mais parce que j’avais leur état d’esprit : le sentiment d’être locked in, de savoir exactement sur quoi travailler et pourquoi ça compte. Le sentiment d’être à ta place, en train de faire ce que tu es supposé faire.

On parle souvent de mindset, de discipline, de routine. On ne parle pas assez d’environnement. Ce que j’ai appris au Kloof Street House, c’est que l’endroit où tu travailles ne change pas seulement ta productivité. Il change qui tu penses être pendant que tu travailles. Dans un appartement ordinaire, tu es quelqu’un qui essaie de bâtir quelque chose. Dans un endroit qui te fait sentir comme quelqu’un, tu es déjà la personne que tu veux devenir, et tu prends tes décisions en conséquence.

Change ton environnement et tu changes qui tu te crois capable d’être.

La leçon : trouve ton Kloof Street House, l’endroit où, en entrant, tu deviens automatiquement la meilleure version de toi-même.

7. Il y a des phases pour bâtir et des phases pour profiter

L’été 2025 à Cape Town, il ne s’est absolument rien passé. C’est justement pour ça qu’il a compté.

On louait un penthouse au centre-ville : grandes fenêtres, beaucoup d’espace, belle lumière et, du balcon, une vue sur Lion’s Head. La routine était simple, presque plate. Lever à 10 h, gym, retour à l’appartement pour travailler. Une pause café, puis on recommençait jusqu’à 2 h du matin. Je finissais chaque soirée seul sur le balcon, avec la vue.

On était à 20 000 $ par mois. On faisait du contenu, des publicités, des appels de vente. Le momentum était là. Pas encore où on voulait être, mais ça bougeait dans le bon sens. Pour la première fois de ma vie, j’avais vraiment la tête baissée sur le travail.

Cet été-là, on a refusé beaucoup de choses : des partys, des invitations, des sorties au restaurant avec des gens qu’on aimait. Une en particulier : un gros party dans une villa, le genre d’événement où tu croises des créateurs américains que tu suis sur YouTube depuis des années, avec des millions d’abonnés. Je suis resté à l’appartement. J’avais des appels ce soir-là et du contenu à livrer. J’étais en phase de construction.

Le Yan qui venait d’arriver à Cape Town, celui qui voulait tout voir et tout vivre, y serait probablement allé. Mais quelque chose avait changé. Ceux qui allaient à ce party avaient déjà bâti. C’était maintenant notre tour.

Une nuit, tard, assis sur le balcon avec Lion’s Head devant moi, j’ai fait un check-in avec moi-même, comme je le fais régulièrement : est-ce qu’il me manque quelque chose ? La réponse va peut-être te surprendre : non.

Ça m’a frappé, parce que j’étais encore loin de mes objectifs. La business n’était pas où je voulais, et j’avais refusé des événements avec des gens que j’admirais. J’aurais eu toutes les raisons de sentir un manque. Mais j’étais fulfilled. Pas content : fulfilled. Ce n’est pas la même chose. Être content, c’est une émotion. Être fulfilled, c’est un état : le sentiment que ce que tu fais en ce moment correspond exactement à la personne que tu es en train de devenir. Ce soir-là, j’ai compris que c’est bâtir que j’aimais. Pas les résultats, pas l’argent, pas les highlights.

Dans le monde de l’entrepreneuriat, tout le monde te parle d’équilibre, de profiter de la vie, de ne pas sacrifier le présent pour le futur. Je pense que c’est faux. Ce que personne ne te dit, c’est qu’en business, il y a des phases pour bâtir et des phases pour profiter. Les deux sont essentielles, mais pas en même temps. Trop de gens mélangent les deux : ils bâtissent à moitié en pensant qu’ils devraient profiter, et ils profitent à moitié en pensant qu’ils devraient bâtir. Résultat : ils ne font ni l’un ni l’autre vraiment bien.

Quand c’est le temps de bâtir, tu baisses la tête, tu refuses les distractions et tu finis ta journée seul sur un balcon. Quand c’est le temps de profiter, tu lâches le laptop et tu es présent.

La leçon : regarde ta vie aujourd’hui et apprends à reconnaître dans quelle phase tu es réellement. Puis vas-y à fond.

8. Ce que tu appelles un échec, c’est souvent ton lance-pierre

Maintenant, laisse-moi t’expliquer exactement comment scrapper ta business. Pas du jour au lendemain. Pas d’un coup. Un pour cent à la fois.

Un mois à Bali, un mois à Chamonix, deux mois à Dubaï pour enregistrer l’entreprise, un mois en Grèce et un mois au Québec. Six mois. Chaque jour, on s’éloignait de 1 % de ce qu’on était censés faire. Un pour cent par jour pendant six mois, et tout ce que tu faisais bien est très loin derrière toi.

Pendant ce temps, on s’était aussi convaincus que la meilleure façon de scaler, c’était de passer au marché américain. On se disait que le marché des agences au Québec n’était pas assez gros, juste parce qu’on n’avait pas les résultats qu’on voulait. Au lieu de devenir meilleurs, on a décidé de changer de marché. Trois mois sur le marché anglophone : zéro client signé en anglais, seulement quelques clients québécois qui tenaient encore. On avait complètement tort, mais on ne le savait pas encore.

De retour à Cape Town, j’ai vécu le pire feeling de tout mon parcours en business. Pour la première fois, on prenait un appartement à long terme, donc une dépense fixe impossible à éviter. Ce mois-là, la business a fait 5 000 $ pour nous deux. Je ne te mentirai pas, ça a touché mon estime de moi. Tu peux bien être entrepreneur, avoir voyagé partout, avoir accompli des choses que la plupart des gens n’accompliront jamais et travailler sans arrêt toute l’année : te retrouver avec 5 000 $ par mois à séparer en deux, c’est le pire sentiment. Il y a quelque chose de déprimant là-dedans que je ne peux même pas expliquer.

La frustration s’accumulait et les conversations avec Xav devenaient de plus en plus dures. On ne voyait pas comment s’en sortir. On était revenus à Cape Town avec un seul objectif, rebâtir la business, sans savoir comment.

Puis, par hasard, le téléphone a sonné. C’était Brandon, notre premier mentor, celui qui nous avait poussés à lancer l’accompagnement. Il était passé de 50 000 $ à 150 000 $ par mois et il nous appelait pour savoir comment enregistrer une entreprise à Dubaï. Une conversation tout à fait ordinaire, jusqu’à ce qu’il nous demande : « Pis, les boys, comment va la business ? »

On lui a dit la vérité. Il nous a donné la sienne : « Vous êtes poches. Vous êtes complètement off track. Vous vivez dans une illusion, vous êtes confortables. Vous dites que vous bâtissez, mais vous faites des baby numbers. Vous dépensez plus dans le lifestyle et les voyages que dans la business. Réveillez-vous, les boys. » Il n’a rien retenu. Parfois, la seule chose dont tu as besoin pour te remettre sur la bonne voie, c’est quelqu’un de vrai qui te dit la vérité en pleine face.

Il nous a aussi mis devant ce qu’on évitait depuis longtemps : revenir sur le marché québécois. J’avais une vraie crainte. Pour moi, revenir au Québec, c’était avouer que j’avais échoué, revenir en loser parce que rien d’autre n’avait marché. Brandon m’a fait réaliser que cette crainte-là, c’était de l’ego. J’avais besoin d’un vrai move stratégique. Sur le marché québécois, on avait une histoire, une vraie voix, le contexte et une connexion naturelle. On avait tout ce qu’il fallait pour dominer ce marché.

Alors on a tout misé. On a payé Brandon pour un mois de coaching individuel et on a monté nos publicités de 1 000 $ à 5 000 $ par mois. Au total, 8 000 $ de dépenses fixes par mois, sans les revenus pour les couvrir. Encore une fois, un gros risque, dos au mur. Mais cette fois, on était revenus à nos fondations : notre langue, notre marché, notre histoire.

Quelques jours après le changement, le contenu a commencé à exploser. Une semaine plus tard, on signait notre premier client depuis notre retour sur le marché québécois. Dans la deuxième moitié de septembre seulement, on a collecté 15 000 $ et signé de nouveaux clients.

J’ai compris une chose : tout ce qu’on avait appris en se battant sur le marché américain, le plus difficile au monde, nous avait préparés à dominer le marché québécois. On était devenus meilleurs sans s’en rendre compte. Quand on a mis cette expertise sur le bon marché, avec la bonne offre et la bonne langue, on a décollé du jour au lendemain. Deux ans de travail presque sans résultats, et certains parleront de succès instantané.

Il y a un principe en physique qu’on appelle l’effet lance-pierre. Plus tu tires l’élastique vers l’arrière avant de lâcher, plus la roche part vite et loin. C’est exactement ce qui nous est arrivé. On avait lutté pendant des mois, on s’était éloignés, on avait reculé. Au moment où on a changé de direction, toute la tension accumulée nous a propulsés.

Ce que tu appelles ton plus grand échec, c’est souvent ton lance-pierre.

La deuxième leçon, encore plus importante : une seule conversation peut changer ta vie. Brandon ne nous a pas coachés ce jour-là, il nous a juste dit la vérité. Entoure-toi de gens qui te disent la vérité et qui te montrent tes angles morts. Ces personnes-là valent de l’or. Si tu n’en as pas dans ta vie en ce moment, c’est probablement la première chose sur laquelle travailler.

9. Le vrai fulfillment, c’est le chemin

Après le changement, tout a cliqué. Pas graduellement, pas en montagnes russes : d’un coup. Comme si on avait passé un an à essayer d’ouvrir une porte et que quelqu’un nous avait enfin donné la clé. Le contenu fonctionnait, les publicités performaient, les conversations se transformaient en rendez-vous et les appels, en ventes. Tout ce qu’on avait bâti dans l’ombre au Kloof Street House fonctionnait. On a doublé notre chiffre d’affaires mois après mois pendant quatre mois.

Je me souviens de notre premier mois à 30 000 $ comme si c’était hier. On était en Namibie pour un visa run de trois jours, le genre de quête secondaire obligatoire quand tu voyages longtemps. Un soir, on a ouvert le tracker : 35 000 $ dans le mois. On s’est regardés : « Ce soir, on sort et on se fume un bon cigare sur le balcon. » Pour la première fois depuis des mois, on a décompressé. On n’a pas parlé de la prochaine étape ni de ce qu’il fallait améliorer. Juste deux gars avec un cigare en Namibie, conscients d’avoir enfin quelque chose entre les mains.

Quelques jours plus tard, on a fait notre première embauche : un appointment setter. Avant, je passais mes journées dans les DM à booker des appels moi-même, pendant que le contenu et le reste attendaient. Je me souviens encore du premier matin où des appels se sont bookés sans que je touche à rien. Savoir qu’un membre de ton équipe travaille pendant que tu es sur autre chose, c’est un feeling incroyable. J’étais plus hype de payer mon appointment setter que d’avoir fait 30 000 $ dans un mois pour la première fois.

Quelques mois plus tard, le 30 janvier, j’étais assis sur le divan de mon appartement à Cape Town avec Xav, le même divan où on avait eu toutes nos grosses conversations. J’ai ouvert le tracker : 80 000 $ dans le mois. J’ai regardé Xav : « On a presque fait 100 K ce mois-ci. » Il y avait de la fierté, de la joie, quelque chose de réel. Mais je vais être honnête : il n’y avait pas d’euphorie. On était assis sur le divan comme n’importe quel soir de semaine, à parler de ce qu’on allait faire le lendemain, notre première journée de congé depuis des mois, juste avant le gros mois de février. Notre tête était déjà sur ce qu’on pouvait améliorer, sur la prochaine chose à faire.

C’est là que j’ai réalisé quelque chose que je n’avais jamais vu venir. Quand j’avais 23 $ dans mon compte, quand je mangeais des ramen pour souper, pendant la fin de semaine noire, quand je regardais mon laptop en me demandant si un jour ça allait marcher, je me disais qu’à 80 000 $ par mois, j’aurais les réponses. Que je saurais exactement quoi faire et pourquoi. Que je n’aurais plus jamais peur de manquer d’argent. Que tout allait rouler.

La peur de manquer d’argent, elle, a vraiment disparu : je sais maintenant que je peux en créer, peu importe la situation. Mais pour le reste, j’étais à la même place qu’avec 23 $ dans le compte : la tête pleine de questions, l’inconfort de ne pas encore être où je veux être, l’incertitude sur le chemin pour m’y rendre. Atteindre 80 000 $ dans un mois ne m’a pas réglé le mental. Ça m’a juste donné de plus gros problèmes.

J’ai compris ce que personne ne m’avait dit clairement : pour atteindre un objectif, il faut devenir la personne pour qui cet objectif est un standard. Pas une exception, pas un bon mois : le standard. La personne qui fait 80 000 $ par mois n’est pas euphorique de les faire. C’est sa base. En dessous, ce serait l’échec.

La vraie joie, le vrai fulfillment, c’était le cigare en Namibie. C’étaient les soirées au Kloof Street House, le premier appel booké par notre appointment setter, le premier matin à marcher avec Xav sur la promenade de Camps Bay.

Après janvier, on a aussi réalisé qu’on était beaucoup trop confortables à Cape Town. On pouvait faire ce qu’on voulait, quand on le voulait. La ville nous connaissait, on connaissait la ville, et la routine était trop bien installée. Plus aucune friction, plus aucun défi. C’est exactement pour ça qu’il fallait partir. Cape Town nous a construits, mais on avait besoin d’un endroit qui allait nous propulser. Un nouveau défi, un nouvel inconfort, un nouveau chapitre.

Le vrai fulfillment ne vient pas d’atteindre ton objectif. Il vient de ce que tu traverses pour y arriver.

La leçon : le fulfillment, c’est le chemin, pas la destination.

Le prochain chapitre

Je pars demain. Quand je repense aux deux gars qui avaient 23 $ dans le compte, je pense qu’ils ne seraient pas surpris de nous voir ici. Ils ont toujours su qu’ils allaient y arriver ; la seule question, c’était quand. Et je pense qu’ils seraient fiers de voir que les moments difficiles avaient seulement l’air impossibles de l’intérieur. Avec du recul, c’était juste le chemin.

On passe notre vie à courir après des objectifs en pensant qu’ils vont nous rendre heureux : les premiers 30 000 $, les premiers 50 000 $, le premier mois à 80 000 $. Mais quand on y arrive, on est déjà ailleurs dans notre tête. Ce n’est pas un défaut, ni de l’ingratitude. C’est la nature de l’ambition.

La version de toi qui se bat, qui trouve des solutions, qui mange des ramen pendant la fin de semaine noire, qui fume un cigare en Namibie, qui est assise à 23 h au Kloof Street House avec un espresso martini à bâtir un des meilleurs programmes au Québec : c’est là que tu vis vraiment. Alors arrête d’attendre d’avoir atteint tes objectifs pour être heureux. Sois heureux d’être dans la game, parce que la game, c’est tout ce qu’il y a.

Je quitte Cape Town avec une business, une équipe et des leçons que je n’aurais jamais pu apprendre autrement qu’en les vivant. Si je devais résumer ces deux années en une seule idée, ce serait celle-ci : le chemin ne ressemble jamais à ce que tu avais imaginé. Il y a des moments où tu as 23 $ dans le compte et des moments où tu conduis une Porsche. Des moments où tu ne sais pas si tu vas passer à travers.

La différence entre ceux qui bâtissent quelque chose et ceux qui restent à la même place toute leur vie, ce n’est pas le talent, ni les ressources, ni le timing. C’est ta capacité à rester dans la game quand tout te dit d’arrêter.

Cape Town n’a pas juste changé ma vie. Elle m’a révélé qui j’étais réellement.

Mon prochain chapitre, c’est Dubaï. On se voit là-bas.

— Yan Deschênes

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Auteur

Yan Deschênes

Entrepreneur québécois établi à Dubaï et cofondateur de Scaling Profits. Lire la biographie de Yan Deschênes ou découvrir le programme Scaling Profits.

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